mercredi 26 février 2014

Lu dans "Ruski Babousch", Seraing, rubrique "Ah, les jolies ballades !"

"Je ne supporte pas que qui que ce soit me mette en tête une chanson à la con qui me perturbe la journée durant…
Ce matin, je me promenais sur les quais de la Yourte. Michel Sardou fredonnait « Ne m’appelez plus jamais France » en continu dans ma large boîte crânienne, et ça commençait doucement à me courir… 
Avec un succès relatif, je parvenais presqu'à faire taire ce génie de la chanson française. Mais je m’en rendais bien compte ; il fallait y aller tout doucement, ne pas brusquer le mental…
Après une heure de laborieux exercices mentaux, le succès était au rendez-vous. J’étais tout fier de moi et de ma psyché à toute épreuve ; résister à Sardou plus d’une matinée, c’est plus fort que fort, c’est castard. 
Tout sourire, je poursuivais ma marche et laissait mon regard s’attarder sur les multiples beautés côtoyant ce cours d’eau noble et froid…
C’est alors que je la vis, de loin, de très loin. Elle avait cette silhouette de reine d’Espagne, le dos cambré sur un vélo sicilien (et donc volé), un port de noblesse cool, magnifique…
Elle pédalait très bien, ce qui, chez une femme, ne cesse de me surprendre…

Elle se rapprochait... A moins de 10 mètres de moi, je l’entendis… Elle sifflotait gaiement, sur l’air du « tou tou you tou », version Véronique et Davina…
Lorsqu’elle fut à ma hauteur, impossible de me contenir ; je l’ai balancé à la flotte sur l’air du tradéridéra…"



















Photo : Véronique, Davina et l'étalon sicilien (bords de Yourte, 1999).