jeudi 12 décembre 2013

Lu dans "Barbatruc", rubrique "enfant qui geint n'obtient rien"

La chaise, pour Robert, c’est sacré…
Il y a un an de cela, un samedi soir de famille sans enfant partis nocer, Marguerite, la tendre de Robert, n’y tenait plus. Elle désirait son homme plus que tout et s’en vint le chevaucher, timide mais décidée, sur la chaise où, quelques instants auparavant, Robert délaçait ses chaussures et reniflait béat ses chaussettes.
L’idée lui était venue le mercredi, patientant sa 17ème dévitalisation dans une salle d’attente vide et triste. Elle avait pris le « Femmes d’aujourd’hui » sur la pile de périodiques, espérant y dégoter une idée de recette pour dimanche, et avait ainsi, et bien hasardeusement, découvert dans un article féerique les bonheurs super sympas de l’amour assis…
Pris de court par cette première, Robert se laissa faire, et l’énergie de Marguerite fit le reste : une chaise pliée et un Robert aux anges, comblé par la nouveauté et prêt, un bon 3 quarts d’heure plus tard, à essayer une autre chaise, plus solide celle là…
Aucune ne fit l’affaire et après ce premier orgasme assis et tonitruant, la chaise ayant cédé post-oula-oula-oula-oulala, aucune de leurs tentatives n’aboutit, chaises fragiles et corps arrondis se mariant difficilement.
Il fallait trouver une solution, Robert s’y employa…

Photo : Robert, Marguerite et ta sœur sont très pensifs (Ag. Boutroulle, Tongrines, 1999)